mercredi 5 août 2009

Je me souviens..

  • Je me souviens qu'alors que nous allions à la plage, sur les îles Lofoten, vers 23 heures, nous avons croisé une chouette. Elle se tenait sur une clôture, dans un jour laiteux et l'absence de nuit ne semblait pas la déranger. Elle a tourné la tête plusieurs fois vers nous et s'est envolée.
  • Je me souviens de la lumière improbable des Lofoten à 1 heure du matin, au retour de la plage.
  • Je me souviens des cerisiers de Lofthus, qui descendaient en pente douce vers le fjord. Tous les 50 mètres, les fermiers vendaient des barquettes de grosses cerises bigarreau, rouge sang, juteuses et sucrées. Le plus souvent, les fruits étaient disposés dans une cabane, au bord de la route, sans personne pour les surveiller. Il suffisait de déposer 35 Nok dans une boîte et de repartir avec le panier de son choix.


  • Je me souviens de l'odeur des morues qui séchaient sur de grands portiques de bois, sur les rochers des Lofoten. Derrière, il y avait la mer vert émeraude, très translucide, et les montagnes noires qui plongeaient dans l'eau.
  • Je me souviens des dauphins qui jouaient sous nos fenêtres, dans notre motel des environs de Bergen. J'ai d'abord cru qu'il s'agissait de gros poissons, mais en les observant longuement, je me suis aperçue qu'il s'agissait d'un groupe de dauphins qui allaient et venaient dans le fjord en ondulant à la surface de l'eau, nous montrant leurs ailerons et leurs dos avant de replonger. Je ne me lassais pas de ce spectacle.
  • Je me souviens des framboises un peu acides, qui poussaient dans tous les fossés, sur tous les coteaux. Il n'y avait qu'à tendre le bras pour en ramasser.
  • Je me souviens du rire clair d'Antonin lorsqu'il lançait du pain aux mouettes et aux goélands, sur le pont des ferries. Il s'amusait de voir les oiseaux piquer pour attraper la nourriture avant qu'elle ne tombe dans l'eau, puis remonter aussi sec pour en réclamer d'autre.
  • Je me souviens des cascades descendant des glaciers, parfois gigantesque, parfois simples filets d'eau, s'évaporant avant de toucher le sol.
  • Je me souviens des maisons de bois rouge, posées au bord des fjords, sans aucun accès routier, avec un jardin descendant jusqu'à l'eau et un bateau amarré au ponton. Je me disais qu'il devait faire bon vivre là.
  • Je me souviens du clapot des Lofoten, lorsque nous sommes revenus de notre promenade en barque à moteur. Paul était cramponné au bastingage, Sandrine n'était pas rassurée, moi un peu inquiet et Antonin et Jules... ravis de faire du toboggan sur les vagues.
  • Je me souviens de l'excitation de Jules lorsqu'il a ramassé une bouteille contenant un message du viking Erik le Rouge dans la mer, devant notre cabane des Lofoten. La lettre promettait un trésor...
  • Je me souviens de tous ces Norvégiens parlant anglais, dans les villages les plus reculés, dès le plus jeune âge.
  • Je me souviens de Paul courant vers la mer du nord, glaciale, des Lofoten. Il est revenu en criant de douleur mais y est retourné tout de même jusqu'à se plonger complètement dans l'eau et s'ébrouer comme un jeune chien. Il sautait et riait.
  • Je me souviens de nos fous rires lorsque nous nous sommes photographiés devant le soleil de minuit dans des attitudes farfelues.
Sandrine et Pierre-André... et Paul

L'heure des comptes

  • 27 jours de voyage
  • 5373 km parcourus avec notre voiture auxquels il faut rajouter environ 2500 kms en train et voiture pour l'escapade dans les Lofoten.
























  • 16 bateaux, du petit bac au gros ferry, pour traverser mers et fjords.












  • 11 logements pour poser nos valises, pour quelques heures ou 2-3 nuits. On a testé la cabane de pêcheurs sur pilotis, la hytter de camping basique ou standing, l'auberge de jeunesse et le motel.

mardi 4 août 2009

Cap au sud

Finis les fjords. Après Stavanger, c'est une autre Norvège qui s'est offerte à nous. Un paysage de collines couvertes d'éboulis rocheux, bordées par les plages de sable blanc de la mer du nord. Du vent et de l'iode. Un petit air de famille avec le nord désolé de l'Ecosse. Après les dunes d'Ogna, où les enfants ont découvert le trésor d'Olof le viking caché dans le sable, nous avons mis le cap sur Mandal, une des villes les plus au sud du pays. Avec ses maisons de bois blanches et ses ruelles pavées étroites, c'est un peu la riviera locale. Version norvégienne, c'est à dire calme et sans prétention. Pour nos deux dernières nuits norvégiennes, nous avons eu droit à une hytter grand luxe, une vraie maison avec une mezzanine et deux chambres, un grand séjour idéal pour jouer à "Fais pas l'âne", le jeu fétiche de la famille, et même un lave-vaisselle. De la fenêtre, on devinait la plage, derrière une rangée de pins parasols. Les enfants se sont baignés et ont joué si longtemps dans l'eau gelée qu'ils en avaient des fourmillements dans les mains et les pieds après. On a passé notre dernière soirée au phare de Lindesnes, sur la pointe la plus méridionale de la Norvège (57° nord alors que les Lofoten étaient à plus de 67° nord!), sous le soleil. Nos loulous, toujours pleins d'énergie, ont joué à se perdre dans les blockhaus qui constituaient, ici aussi, le terrible mur de l'Atlantique.
Et puis, ce matin, 6 heures, c'était le grand départ, histoire d'arriver à l'heure pour notre bateau, à Kristiansand. Une petite traversée du Danemark et nous voilà à Brême, en Allemagne, pour la dernière étape de ce long périple.

Sandrine

samedi 1 août 2009

Merci les musées

Hier, au réveil dans notre auberge de jeunesse trois étoiles, c'est la tempête. Le vent secoue rudement les arbres du parc et il pleut des cordes. On est loin du gentil crachin breton. Que faire en Norvège quand on est goguette avec trois marmots et qu'il fait un temps de chien ? Aller au musée, pardi. Car ici, il y a des musées partout et sur tout. On en a déjà visité sur les glaciers, les fjords, les fermes traditionnelles, les drakkars, les bateaux, la morue, le saumon sauvage, le pétrole... Avec toujours un sens de la mise en scène extra, plein d'expériences et d'animations et un vrai souci d'intéresser les enfants. On ne s'en lasse pas. Et les petits Corpron en redemandent. Retour donc dans le centre de Stavanger, adorable ville que nous avons déjà parcourue la veille. Direction le port, où les voiliers sont méchamment ballotés par la tempête. Nous avons repéré un musée de la marine qui semble sympa. Bonne pioche. Maquettes, photos et décors reconstitués nous apprennent comment cette ville a dû son expansion à la pêche du hareng puis à la construction de navires toujours plus perfectionnés. Et à l'étage, un espace est aménagé pour les enfants. Ils peuvent piloter un bateau de pêche, jouer à la marchande dans une boutique des années 1950 et faire le facteur. Il y a même des déguisements ! Antonin, Jules et moi enchaînons sur un musée du jouet, petit paradis pour les bambins, très fréquenté par les habitants de la ville. Paul et Pierre-André mettent le cap sur le musée de la sardine en boîte (quand je vous disais qu'il y a des musées sur tout !) très bien fait.
Après tout ça, lorsque nous remettons le nez dehors, la tempête s'est un peu calmée et le vent a commencé à chasser les nuages. Nous n'avons plus qu'à regagner le camping où nous avons réservé une hytter pour deux jours. Un petit paradis sauvage, à deux pas d'une immense plage de sable fin, où viennent s'échouer les gros rouleaux de la mer du nord. Il y a des rochers comme à Loctudy et des dunes comme sur la côte sauvage. Bon, c'est sûr, il fait un peu plus frisquet. Mais le soleil est de retour, le cerf volant claque dans le ciel et les minots sont aux anges.
Sandrine