- Je me souviens qu'alors que nous allions à la plage, sur les îles Lofoten, vers 23 heures, nous avons croisé une chouette. Elle se tenait sur une clôture, dans un jour laiteux et l'absence de nuit ne semblait pas la déranger. Elle a tourné la tête plusieurs fois vers nous et s'est envolée.
- Je me souviens de la lumière improbable des Lofoten à 1 heure du matin, au retour de la plage.
- Je me souviens des cerisiers de Lofthus,
qui descendaient en pente douce vers le fjord. Tous les 50 mètres, les fermiers vendaient des barquettes de grosses cerises bigarreau, rouge sang, juteuses et sucrées. Le plus souvent, les fruits étaient disposés dans une cabane, au bord de la route, sans personne pour les surveiller. Il suffisait de déposer 35 Nok dans une boîte et de repartir avec le panier de son choix.
Je me souviens de l'odeur des morues qui séchaient sur de grands portiques de bois, sur les rochers des Lofoten. Derrière, il y avait la mer vert émeraude, très translucide, et les montagnes noires qui plongeaient dans l'eau.- Je me souviens des dauphins qui jouaient sous nos fenêtres, dans notre motel des environs de Bergen. J'ai d'abord cru qu'il s'agissait de gros poissons, mais en les observant longuement, je me suis aperçue qu'il s'agissait d'un groupe de dauphins qui allaient et venaient dans le fjord en ondulant à la surface de l'eau, nous montrant leurs ailerons et leurs dos avant de replonger. Je ne me lassais pas de ce spectacle.
- Je me souviens des framboises un peu acides, qui poussaient dans tous les fossés, sur tous les coteaux. Il n'y avait qu'à tendre le bras pour en ramasser.
- Je me souviens du rire clair d'Antonin lorsqu'il lançait du pain aux mouettes
et aux goélands, sur le pont des ferries. Il s'amusait de voir les oiseaux piquer pour attraper la nourriture avant qu'elle ne tombe dans l'eau, puis remonter aussi sec pour en réclamer d'autre. - Je me souviens des cascades descendant des glaciers, parfois gigantesque, parfois simples filets d'eau, s'évaporant avant de toucher le sol.
- Je me souviens des maisons
de bois rouge, posées au bord des fjords, sans aucun accès routier, avec un jardin descendant jusqu'à l'eau et un bateau amarré au ponton. Je me disais qu'il devait faire bon vivre là. - Je me souviens du clapot des Lofoten,
lorsque nous sommes revenus de notre promenade en barque à moteur. Paul était cramponné au bastingage, Sandrine n'était pas rassurée, moi un peu inquiet et Antonin et Jules... ravis de faire du toboggan sur les vagues. - Je me souviens de l'excitation de Jules lorsqu'il a ramassé une bouteille contenant un message du viking Erik le Rouge dans la mer, devant notre cabane des Lofoten. La lettre promettait un trésor...
- Je me souviens de tous ces Norvégiens parlant anglais, dans les villages les plus reculés, dès le plus jeune âge.
- Je me souviens de Paul courant vers la mer du nord, glaciale, des Lofoten.
Il est revenu en criant de douleur mais y est retourné tout de même jusqu'à se plonger complètement dans l'eau et s'ébrouer comme un jeune chien. Il sautait et riait. - Je me souviens de nos fous rires lorsque nous nous sommes photographiés devant le soleil de minuit dans des attitudes farfelues.
Sandrine et Pierre-André... et Paul
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